MAG OF STEEL • FILM
Superman Returns (2006)
Fiche technique
Film- Année
- 2006
- Sortie
- 21 juin 2006 aux Etats-Unis / 12 juillet 2006 en France
- Durée
- 2H44
- Box-office US
- 200 081 000 aux Etats Unis / 391 081 192 Monde
- Box-office France
- 1 495 213 entrées
- Réalisation
- Bryan Singer
- Scénario
- Dan Harris, Mike Dougherty
- Clark Kent / Superman
- Brandon Routh
- Lois Lane
- Kate Bosworth
- Lex Luthor
- Kevin Spacey
Synopsis
Après une absence de 5 ans, Superman revient à Metropolis et Clark au Daily Planet. Il découvre que Lois Lane a un fils, qu'elle est en couple et que Lex Luthor veut encore dominer le monde.
Bande-annonce
Univers & thématiques
Le mésestimé Superman Returns date de 2006 et n’est pas parvenu à faire redémarrer la franchise Superman au cinéma. Le box-office n’a pas explosé et les critiques se sont confrontées pendant de longues semaines. Encore aujourd’hui, on ne sait pas si le film est un parfait hommage ou un film de super-héros raté. Brandon Routh ne sera le Superman que d’un film (mais il revêtira le costume pour un crossover du Arrowverse) et soulignera encore l’aura qui entoure le désigné intouchable Christopher Reeve (sans jeu de mot).
Une genèse longue !
Superman Returns a été l’aboutissement de quasi 20 années de development hell avec les projets de Tim Burton, Brett Ratner ou JJ Abrams. Voulu comme un remake inavoué des films de Donner, Returns a le cul entre deux chaises. Remake hommage, Returns a les moyens modernes mais est resté trop dans un cinéma classique. Les films de super-héros se multipliaient et beaucoup attendaient que le plus grand des héros nettoie tout sur son passage et offre un film complet.
Après l’échec de Superman IV en 1987, plusieurs cinéastes, dont Tim Burton, McG et J. J. Abrams, planchent sur de nouvelles adaptations dès le milieu des années 1990. Plusieurs projets, comme Superman Reborn (1997) ou Superman Flyby (2002), atteignent la préproduction avant d’être abandonnés pour des raisons budgétaires et artistiques.
C’est sur le tournage de X-Men 2 (2003) que Bryan Singer imagine le retour de Superman sur Terre après cinq ans d’absence. Il en parle à Lauren Shuler Donner, productrice des X-Men, et à son mari Richard Donner, réalisateur du Superman de 1978, qui trouvent l’idée prometteuse.
En mars 2004, Warner Bros. lance la préproduction de Superman: Flyby, écrit par J. J. Abrams et prévu pour juillet 2006. McG, pressenti à la réalisation, quitte le projet en juin. Singer, qui comptait partir en vacances avec ses scénaristes Michael Dougherty et Dan Harris, est alors sollicité pour pitcher le film. Les deux auteurs écrivent le scénario à partir de son idée, et Singer signe en juillet 2004 pour réaliser Superman Returns. Il renonce pour cela à X-Men : L’Affrontement final et à un remake de L’Âge de cristal.
La préproduction, cofinancée par Warner Bros. et Legendary Pictures, démarre vraiment en novembre 2004. En février 2005, Dougherty et Harris en sont déjà à six versions du scénario, dont certaines, qui contenaient des allusions aux attentats du 11 septembre 2001, sont finalement écartées.
Attribution des rôles
Après des rumeurs en tous sens sur l’identité de l’interprète, Singer annonce que Brandon Routh succédera à Christopher Reeve. Routh, qui avait déjà auditionné pour jouer Clark Kent dans Smallville, l’emporte face à des milliers de candidats venus des États-Unis, du Canada, d’Angleterre et d’Australie. Pour obtenir la silhouette du héros, il suit un régime et un entraînement de culturiste.
Kevin Spacey devait incarner Lex Luthor dans Superman Lives, le projet avorté de Tim Burton avec Nicolas Cage, annulé pour cause de retard de production alors qu’il était prévu pour juillet 1998. Des années plus tard, Singer, qui l’avait dirigé dans Usual Suspects, lui offre enfin le rôle. Spacey recommande aussi Kate Bosworth pour Lois Lane, car il avait tourné avec elle dans Beyond the Sea. Natalie Portman, Evangeline Lilly, Charisma Carpenter, Mia Kirshner, Mischa Barton, Claire Danes et Keri Russell auraient également auditionné.
Le film multiplie les clins d’œil aux productions précédentes. Noel Neill, Lois Lane des serials de 1948 et 1950 et de la série des années 1950, apparaît en début de film en léguant sa fortune à Lex Luthor, après avoir déjà joué Ella Lane dans le film de 1978. Jack Larson, le Jimmy Olsen de la série d’époque, fait un caméo en barman. Il était déjà passé par Superboy (Lou Lamont, saison 4, épisode 6, « Paranoia ») et Loïs et Clark (Jimmy Olsen âgé, saison 4, épisode 5, « Jeunesse volée »).
Marlon Brando, mort en 2004, revient à titre posthume dans le rôle de Jor-El. Son image est reconstituée à partir de séquences filmées par Richard Donner pour Superman II avant son licenciement, retrouvées à l’occasion de Superman II : The Richard Donner Cut, et complétées par des images de synthèse. Il a fallu négocier avec la succession de l’acteur. Singer raconte : « Nous avons eu accès à toutes les images de Brando qui ont été tournées. Il y avait des images inutilisées qui avaient Brando récitant des poèmes, qui s’éloignait du sujet et jurant comme un marin. »
Tournage
Le tournage a lieu principalement en Australie, en Nouvelle-Galles du Sud, avec quelques scènes à New York. Avec un budget de plus de 220 millions de dollars, c’est le cinquième film le plus cher de l’histoire parmi ceux réalisés en 2006.
La Critique
Juillet 2006, je rentre dans les locaux de la Warner pour la première fois. Je vais assister à la projection de Superman Returns, premier film Superman depuis presque 20 ans.
Retour en arrière. En apprenant la mise en place du projet, je monte un site internet, collecte tout sur le film et attend avec impatience la sortie. Ma collectionnite aigue frôle l’overdose.
3h00 après mon entrée dans la salle de projection, je suis mitigé. En avais-je trop vu ? Le film en offrait-il assez ? 7 ans après je ne sais toujours pas quoi penser du film de Bryan Singer. Adulé par certains, conspué par d’autres, le film a été beaucoup critiqué. Les premières critiques étaient élogieuses, on parlait d’un vibrant hommage au film de Richard Donner. Avec le temps, les critiques les plus négatives parlaient d’une pale copie, d’un manque cruel d’action. Certains spectateurs ayant la critique facile le qualifiaient de nul à chier. Qu’en est-il ?
Le projet entrepris par Singer vient après 10 ans de Development Hell avec des projets différents comme celui de Tim Burton et Nicolas Cage, celui de Wolfgang Petersen liant Batman à Superman, celui de McG ou encore celui de JJ Abrams. Jon Peters est un peu le pendant de Ilya Salkind en tant que producteur imbécile. Peters voulait absolument tout le contraire de ce que Superman était. Il ne voulait ni costume, ni vol et souhaitait un maximum de merchandising. Au final, la vision de Singer l’a emporté en 2004.
Superman Returns débarque en juillet chez nous. L’avant-première est terrible à la Défense. J’approche Bryan Singer, Kevin Spacey, Kate Bosworth mais Brandon Routh restera à jamais loin de moi. Je me souviens encore de mon cri de rage en me disant qu’il faudra attendre une suite possible d’ici deux ou trois ans. Hélas cette année, point de Henry Cavill non plus…
Superman Returns est une suite/reboot de Superman de 1978 et de SUperman 2 de 1980. On y retrouve cette volonté d’être poétique, doux, beau en y ajoutant cette touche un peu méta en parlant de la place de Superman dans le monde après une absence de 6 ans comme de sa place dans le cinéma après 20 ans. Avec cette note d’intention, le projet aurait pu avoir de l’allure. Singer était connu pour avoir réussi deux films X-Men, le casting était plutôt réussi et tendait à être un nouveau parallèle avec le film de Richard Donner. Un jeune premier du nom de Brandon Routh et la mignonne Kate Bosworth feront face à Kevin Spacey pendant près de 2h30.
Le résultat est mitigé, disons-le. Il y a dans Returns une forte mélancolie appuyée par une musique aussi belle que triste. Que ce soit dans le rapport de Clark / Superman avec Lois que dans les dialogues flirtant avec les remises en question permanente. Il y a aussi dans Returns une volonté manifeste de raconter une histoire d’amour, mais il n’y a pas dans le film la volonté de raconter ce que la note d’intention voulait. En effet, la place de Superman dans le monde n’est jamais esquissé ou alors très peu à travers une une de journal, une micro scène, une allusion. Jamais Superman ne sera confronté au monde, au public. La scène du sauvetage de l’avion, dantesque s’il en est, est la seule preuve tangible de la vraie place de Superman aux yeux du monde. Pendant tout le métrage, il n’y aura guère d’autres scènes de liesse, de support, d’amour envers lui. Superman Returns se restreint en n’exposant que le prisme réduit du monde de Lois Lane et de Lex Luthor. Pire encore, la place de Clark n’est que peu exploitée. Il n’apparait que trois minutes et n’a aucune interaction véritable avec Lois sauf dans un dialogue rapide et une scène de retrouvailles bancale.
Venons-en au prétexte du film, Luthor souhaite, comme dans le premier film, inonder quelques terres pour ériger un continent et le vendre aux plus offrants. Il vole de la Kryptonite pour l’envoyer sous la mer et le voir grandir et créer une nouvelle terre accueillante… sauf que le résultat est désastreux, le nouveau continent est inhabitable, les conséquences ne sont pas répercutées dans le monde. Un tel continent aurait du faire monter les eaux, créer la panique partout dans le Monde et faire de Superman un employé à temps plein. Non, il n’y a qu’un léger tremblement de terre à Metropolis.
Autre point du scénario est l’entourage de Lois Lane. Lui ajouter un fils avait tout de l’idée casse-gueule, les spéculations sur le fait qu’il soit celui de Superman pouvait tuer le projet. Effectivement, Jason White n’a rien d’intéressant, est au centre d’un faux suspens et au final décrédibilise le film. SOn fiancé, Richard, est un homme aprfait. C’est un peu un Superman humain, il est pilote, il vole donc, il est gentil, prévenant, il vient même sauver tout le monde quasiment. Alors pourquoi s’embêter à vouloir que Lois et Superman se rabibochent ? Elle a déjà tout pour elle. Oui le monde a continué de tourner sans Superman et c’est avec mélancolie que le film déroule son propos sous-jacent : Superman n’a besoin de personne et inversement.
Le gros point qui a fait tiquer les spectateurs est le fait que Superman débarrasse le monde d’un continent en Kryptonite alors qu’il a été affaibli par quelques poussières de roche verte dix minutes avant. Soit. Le scénario semble avoir évolué en aveugle et l’attention a été portéz à l’esthétisme.
Outre le scénario un peu bancal, les images sont magnifiques. Chaque plan est iconique, que ce soit Superman sauvant un avion, écoutant le monde dans l’espace, se ressourçant vers le soleil et la fameuse scène de vol entre Superman et Lois parfaite… Singer a bien compris que plastiquement, le film pouvait avoir de la gueule. Si le film manque d’action, il contient une scène de sauvetage d’avion absolument dantesque. Le reste n’est hélas, que trop rapide. Tout avait été vu dans les spots TV. Les actions de Superman sont brèves et n’ont pas vraiment marqué le public. La plus longue est celle où Superman et Lois volent. Resucée de celle de 1978, elle est quand même magnifique.
Alors au final, Superman Returns est-il un film de superhéros ? Non, c’est un film romantique dans la pure tradition. Le ton employé est triste, posé presque pessimiste. Le film parle avant tout d’un homme qui cherche à être accepté, à avoir une place quelque part, peut-être pas dans le monde mais dans le cœur des personnes qui comptent. Superman Returns est un beau et grand film. Les quelques défauts (peu de Clark, beaucoup de scènes coupées, Jason, Kate Bosworth un peu lisse…) sont occultées par la beauté des images et par un Brandon Routh très convaincant et un Kevin Spacey magistral. Poétique, beau, poignant, agressif, lyrique, épique
Anecdotes
- Le film aurait un budget de 260 millions de dollars ce qui en ferait l’un des plus chers de l’histoire. Cependant, beaucoup d’infos se sont croisées entre l’ajout du budget développement des précédentes versions, l’oubli de la conversion US dollars / Australiens, le budget promo…
- Une séquence d’introduction montrant Superman dans son vaisseau à la recherche des vestiges de Krypton a été coupée malgré son coût prohibitif de 10 Millions de dollars. Elle sera rajoutée en bonus lors de la sortie de l’Anthologie en blu-ray en 2012.
- Hugh Laurie devait jouer Perry White mais l’interprète de House (série produite par Bryan Singer) n’a pas pu se libérer.
- Le film est plus un hommage aux films de Donner qu’une suite inavouée.
- Le film a fait plus que Batman Begins au box-office et, lui, a eu deux suites.
- Brandon Routh ne reprendra pas le rôle au cinéma après Superman Returns. Il retrouvera cependant Superman treize ans plus tard à l’occasion du crossover télévisé Crisis on Infinite Earths.
Médias
Bande Annonce
Plusieurs éditions sont sorties en DVD et blu-ray.
L’édition simple
L’édition double DVD
avec le making-of de trois heures en 5 parties, la featurette « Jor-El Ressucité », des scènes coupées et les bandes annonces.
L’édition Collector
avec un t-shirt et une BD
Le Blu-ray
Le Jeu Vidéo







