Si Superman inspire, il est aussi détourné. Brightburn est possiblement le film qui détourne le plus sérieusement le mythe de Superman. Et c’est James Gunn qui est derrière.
C’est en décembre 2017 que James Gunn lance la production du film sur un scénario de son frère Brian Gunn et de son cousin Mark Gunn. Brightburn est réalisé par David Yarovesky, qui reste son film le plus notable.
Un concept original né de l’imagination des Gunn
En 2019, le cinéma de super-héros a connu une variation aussi sombre qu’inattendue avec Brightburn, un film qui reprend les codes de l’origine de Superman tout en les transformant en un cauchemar horrifique. Produit par James Gunn, réputé pour sa capacité à réinventer les genres, le film propose une question vertigineuse : et si un enfant extraterrestre doté de pouvoirs surhumains décidait d’utiliser ses capacités pour le mal ?
L’histoire : un conte noir sur la nature du mal
Brandon Breyer est un enfant adopté par Tori et Kyle, un couple vivant dans la petite ville de Brightburn, dans le Kansas. Comme l’histoire de Kal-El/Clark Kent, Brandon est un bébé tombé du ciel, recueilli par des parents aimants qui lui offrent un foyer chaleureux. Mais contrairement au héros traditionnel, Brandon va progressivement découvrir ses origines et ses pouvoirs d’une manière terrifiante.
Alors qu’il approche de l’adolescence, Brandon commence à comprendre qu’il est différent. Ses capacités surhumaines – force, invulnérabilité, vol – ne sont pas utilisées pour protéger, mais pour assouvir une soif de destruction et de domination. Le film devient alors un récit d’horreur où le jeune garçon se transforme en prédateur impitoyable, tuant sans remords ceux qui l’entourent.
Un casting solide au service d’un concept audacieux
Elizabeth Banks, connue pour ses rôles comiques et dramatiques, incarne Tori Breyer avec une profondeur émotionnelle remarquable. Son personnage illustre le dilemme d’une mère face à la transformation monstrueuse de son fils. David Denman, son partenaire à l’écran, apporte une dimension de désespoir et d’impuissance.
Le jeune Jackson A. Dunn livre une performance glaçante en tant que Brandon. Son interprétation oscille entre l’innocence enfantine et une cruauté calculée, créant un personnage profondément dérangeant.
La production : un projet né de la créativité de James Gunn
Derrière le film se trouve l’expertise de James Gunn, cinéaste connu pour sa capacité à réinventer les genres. Bien qu’il ne soit pas le réalisateur direct, son influence est omniprésente. Son frère Brian et son cousin Mark ont co-écrit le scénario, insufflant une vision familiale à ce projet atypique.
Le budget modeste de 7 millions de dollars a permis de concentrer les efforts sur la narration et les effets spéciaux essentiels, plutôt que sur des séquences spectaculaires coûteuses. Cette approche a contribué à l’atmosphère intimiste et oppressante du film.
Un commentaire sur la nature du pouvoir
Brightburn dépasse le simple film d’horreur pour devenir une métaphore puissante. Il interroge la relation entre le pouvoir et la moralité, suggérant que les capacités extraordinaires, sans guidance éthique, peuvent rapidement conduire à la destruction.
Le film défie frontalement le mythe du super-héros altruiste. Là où Superman représente l’espoir et la protection, Brandon incarne le cauchemar d’un être surpuissant sans conscience morale. C’est une exploration troublante de ce qui pourrait se passer si un être doté de capacités divines choisissait la voie du mal.
Réception et héritage
Bien que les critiques aient été mitigées, Brightburn a été salué pour son concept original et sa volonté de bousculer les codes établis du genre super-héroïque. Le film a trouvé son public notamment auprès des amateurs d’horreur et de science-fiction.
Son succès a démontré qu’il existait un appétit pour des récits de super-héros déconstruits, offrant une perspective alternative aux productions hollywoodiennes traditionnelles.
La bande-annonce prenait tous les codes de l’origin story à la Man Of Steel… pour une interprétation très différente.